Nicolas Valin, co-fondateur du site de vente de tableaux Chall.fr, a fait appel à plusieurs sous-traitants (logisticiens / transporteurs, artistes) pour lancer son activité en ligne. Il donne quelques conseils et retours d’expérience aux jeunes entrepreneurs qui souhaiteraient démarrer une activité e-commerce.

En quelques mots, quel est le concept de Chall.fr ? Quels sous-traitants avez-vous dû identifier ?

Chall.fr, c’est une plate-forme qui permet de trouver le tableau idéal pour sa décoration, au bureau ou à la maison.

Passionnés de design graphique, nous sommes partit d’un constat simple : le nombre de personne créant du contenu visuel de grande qualité explose !

Et lorsque l’on souhaite décorer son intérieur, les options qui s’offrent à nous sont malheureusement très limitées… Un tableau de grande distribution, peu original, ou l’oeuvre d’un artiste souvent inaccessible.

Une étude réalisée en 2016 par Hiscox (lien de l’étude au format pdf) le montre très clairement, la très grosse majorité des oeuvres d’art vendues en ligne le sont au-delà de 1000 euros !

Chall.fr propose simplement une alternative en proposant des tableaux d’artistes, vendus en éditions limités de 500 exemplaires, à prix abordable (de 29€ à 149€ selon les formats). C’est un accès direct à la créativité pour une décoration tendance et différenciée.

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Nos sous-traitants sont donc des artistes que nous recrutons, qui constituent notre gamme de tableaux. Mais également un prestataire qui imprime les reproductions, et enfin un prestataire en charge de l’expédition des produits.

Le site e-commerce, par contre, a été réalisé en interne avec Prestashop.

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Nicolas Valin et Benjamin Metenier, fondateurs de Chall.fr

Comment s’est fait le choix de chaque sous-traitant ? Par cahier des charges ? Plutôt à la confiance et au bouche à oreille ?

L’économie “s’ubérise”, et les individus prennent le pouvoir ! Dans cette logique, pour la création des tableaux, nous recrutons nos artistes en leur proposant simplement un complément de revenu. Ils mettent leur créativité à disposition de nos clients et génèrent des revenus complémentaires. Il y a une véritable demande pour ce modèle économique : nous somme donc relativement confortable dans cette relation client/fournisseur.

En revanche, concernant notre imprimeur, nous avons mis beaucoup de temps à trouver la perle rare : plus de 12 mois ! Il s’agit de la prestation la plus stratégique pour nous.

Nous avons procédé à de très nombreux tests pour trouver le fournisseur dont la qualité du produit et des services (disponibilité, réactivité etc…) était irréprochable.

Une partie de notre activité consiste à produire des produits à prix abordables. L’équation est compliquée, et c’est en Belgique que nous avons trouvés le Graal. Il faut donc persévérer et penser à regarder ce qui se fait chez nos voisins européens ! D’un point de vue pratique … nous avons abusé de Google et fait beaucoup de recherches en ligne.

Enfin, pour le prestataire en charge des livraisons, le marché est relativement bien structuré. Nous avons donc réalisé un simple comparatif des prix et des prestations proposés pour n’en retenir que deux (un pour la France, un pour l’Europe).

Depuis combien de temps l’activité est-elle lancée ? Quelle est la rentabilité ? Quels bonnes (ou mauvaises) surprises retenez-vous ?

Chall existe depuis novembre 2015, nous sommes donc une toute jeune entreprise avec peu de recul. Il est très difficile lorsque l’on se lance, de prévoir un chiffre d’affaires prévisionnel. En revanche, nous pouvons maîtriser le taux de marge et déterminer le seuil de rentabilité que l’on doit considérer atteignable ou non.

Dans cette logique, nous avons consacré notre première partie d’exercice à optimiser notre taux de transformation pour atteindre cette rentabilité.

Aujourd’hui, nous conservons approximativement 40% de marge sur production, dont la moitié revient directement aux artistes. C’est un process gagnant-gagnant. Il fait notre force.

Le trafic et le taux de transformation sont les deux indicateurs clefs d’un site e-commerce. Et au début, aucun site n’a ni l’un ni l’autre… C’est déroutant, et nous en avons fait l’expérience !

Quel conseil donneriez-vous à un entrepreneur qui veut démarrer une activité e-commerce avec un budget limité ?

Le budget limité, on connaît ! L’une des raisons qui nous a poussée à nous lancer, est que nous n’avions besoin d’aucune mise de départ. Pour chaque vente réalisée sur le site, un processus de fabrication, de livraison et de rémunération de l’artiste est lancé.

Autrement dit, nous fonctionnons à flux-tendu. L’argent arrive avant de ressortir, ce qui est un gros avantage. Je conseillerai n’importe qui de privilégier ce type de modèle. Cela minimise grandement les risques (pas de stock etc…), même si cela n’est pas toujours possible, notamment dans le e-commerce.

Un autre point sur lequel je donnerai un conseil concerne la relation que l’on entretient avec un sous-traitant ou un fournisseur. La réactivité et la transparence sont selon moi les deux critères essentiels à une relation durable. Si un prestataire potentiel ou à l’essai se met à ne plus répondre à vos mails, fuyez !